Marginales

Revue de littérature et de critique sociale

© Samuel – juin 2015


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Sommaire détaillé - numéro 3/4

Les dépossédés. Figures du refus social

janvier 2005



Avant-propos, Philippe Geneste



1. Figures du refus social


Les vagabonds du travail, Louise Michel

On voit souvent à Londres arriver des vagabonds, c’est-à-dire des gens n’ayant ni feu ni lieu ; tout le monde n’a pas à sa disposition les chemins de fer du Sud, Panama, Fonds secrets, etc., etc., etc., il faut donc vivre de son travail, quand le travail manque, ce qui n’est pas rare ; au pays des Rességuier, et même partout, il faut chercher ailleurs ou crever de faim.


Le départ de Cesare Pasquali, Andreas Latzko

Tout ce qu’effleurait son regard chemin faisant, chaque arbre, chaque misérable brin d’herbe avait pris racine quelque part. Le roquet glapissant dont il s’était débarrassé en lui jetant un caillou s’enfuyait, hurlant, vers une porte cochère, retraite habituelle d’où il pouvait, par ses aboiements, provoquer le passant. Toute chose était à sa place, en un certain lieu. L’orange pourrie qu’il avait lancée machinalement en l’air était retombée, en éclatant, dans un buisson. Pour chaque pierre il y avait un endroit où elle pouvait se fixer dans sa chute. Était-il donc permis de précipiter ainsi un homme dans le vide, sans but devant lui, sans un abri quelconque derrière ?Š


Bolle le vagabond céleste, Harry Martinson

Quand les vagabonds ont mendié leur morceau de pain, ils se remettent en route pour que le chemin reprenne sa place en eux comme un ruban d’espoir se déroulant dans leur esprit et dans leur âme et sans lequel ils ne peuvent vivre. Ils ne se sentent en sécurité que lorsque le chemin s’étale de nouveau devant eux, toujours aussi prometteur et menteur. Ils foulent cette voie qui leur apporte la paix au cours de leur marche, pas à pas sous leurs pieds, tandis que la vision de la route les pénètre d’espoir, non sous la forme de promesses successives cernées de vide, mais comme un ruban infini de promesses coulant en eux pendant toute leur vie. Le chemin devient un fleuve de promesses qui s’engouffre par leurs yeux et ressort par leurs talons, un fleuve de promesses qui est son propre but : l’accomplissement de soi-même. La seule condition pour qu’il en soit ainsi est de marcher indéfiniment.


En sautant du manège de la vie, Georg K. Glaser

Comme les différentes espèces de rats ne vivent pas les unes auprès des autres, mais en plusieurs couches superposées dans le monde entier, ainsi s’étendait sous la société apparente, une autre société, secrète celle-là, qui avait ses propres usages, ses échelons, ses langues et ses valeurs. Des « mendigots » méprisés, hirsutes et puants, jusqu’à l’aristocratie de ceux qu’on nommait les Charpentiers de Hambourg, qui se tenaient fièrement à l’écart dans leurs costumes de velours, avec leurs grands chapeaux noirs, en passant par les horlogers ambulants, fort recherchés, vivaient côte à côte cent castes, parmi lesquelles on trouvait des faussaires et des nouveaux riches, des marchands de cartes postales, des colporteurs, des sages et des souverains.


Le gueux des grandes routes, Gaston Couté

Hé ! l’cabaretier, au tournant du ch’min, j’somm’s deux chemineux qu’ont chacun eun’ gueule pus chaude et pus sèch’ que l’chaum’ des éteules. Hé ! l’cabaretier, au tournant du ch’min, toué qu’as des futaill’s et un cellier plein, va quéri à boire et vers’-nous un coup !

— Les gâs, v’avez-t-y des sous ?


Les transparents, Matt Mahlen

Où est l’errance ? Dans les yeux usés et les mains sales des pauvres ou dans les regards avides et les bouches inassouvies de celles et ceux qui feront tout pour rester dans la course folle du monde dit riche ? Qui erre et vagabonde ? Est-ce davantage celui qui s’arrête, celle qui fait le trottoir, ceux qui sont mis à l’écart, à l’encan, à l’index, de côté, en marge, à l’ombre que celles et ceux qui constituent le grand flot s’évertuant à acheter pour être, à dominer pour devenir, faisant des pieds et des mains pour être conforme à une société qui marche sur la tête ?


Liberté de mouvements, Josefa Ramine

Et si François Thonier avait raison quand il dit qu’il ne gêne personne dans ce train qui roule avec lui dedans ? Et si on se mettait à penser que c’est normal de vivre quelque part même si on n’a pas de papiers ? normal de monter dans un train pour aller quelque part même si on n’a pas de billet ? Et si certains se mettaient juste à prendre le train juste comme ça pour voyager ou pour se chauffer parce qu’il fait froid dehors et qu’il fait chaud dedans ? Les trains s’arrêteraient dans les gares, certains auraient plaisir à arriver, d’autres à partir, le train serait un train, la gare une gare, il y aurait de plus en plus de trains, on préférerait prendre le train plutôt que la route, plus polluante plus dangereuse, moins collectivement chantante. Depuis combien de temps oublions-nous de tirer sur les fils de cet ailleurs, avec d’autres valeurs, d’autres relations au monde et aux gens ?


Pendant la traversée, Panaït Istrati

Courant sur le pont du beau paquebot depuis la proue jusqu’à la poupe et de tribord à bâbord avec l’inconscient et fol désir de ne rien laisser m’échapper, je n’étais pas loin de ressembler au petit veau qui fait sa première escapade dans un champ embaumé par le printemps, et avec quelle joie baignée dans les larmes de la reconnaissance, je sautais au cou du matelot barbu qui m’avait fait « glisser » dans la cabine commune, faute de billet ! J’avais envie de parler à tout le monde et j’étais tout étonné que les autres voyageurs parlaient si peu, quand tout était rêve et bonheur.


À propos de La Vache enragée de George Orwell, Panaït Istrati

C’est le naturel qui est tout le miracle de ce livre. Nous suivons Orwell, comme si nous étions ses compagnons, dans cette atroce vie des bas-fonds de Paris et surtout de Londres, qu’il nous montre, en la partageant. Ici, personne ne pose, ni lui, ni nous. Point de ces fantoches que sont, l’un en face de l’autre, l’écrivain et son lecteur, et, devant tous deux, les personnages du roman moderne. Point de conventionnalisme, point de mélodrame. Pas même du dramatique littéraire. Nous vivons, tous, dans ce livre, sans trop souffrir, sans trop nous révolter, quoique tout soit épouvantable souffrance et sainte révolte.


L’asile de nuit, George Orwell

L’après-midi touchait à sa fin. Nous étions quarante-neuf, quarante-huit hommes et une femme, allongés sur le pré communal, à attendre que l’asile ouvre ses portes. Nous étions trop fatigués pour avoir envie de parler. Nous restions là, vautrés, fourbus, avec des cigarettes faites de mégots plantées dans nos faces mal rasées. Au-dessus de nos têtes, les branches des noisetiers étaient en fleur et, plus loin, de grands nuages laineux se détachaient, presque immobiles, sur un ciel clair. Jonchant ainsi l’herbe, nous incarnions toute la crasseuse lie des villes. Nous outragions le paysage, comme des boîtes de sardines et des papiers gras sur une plage.


Un bon vagabond est un vagabond mort, Rosa Luxemburg

Lucian Szczyptierowski, qui finit sa vie dans la rue, empoisonné par un hareng pourri, fait partie du prolétariat au même titre que n’importe quel ouvrier qualifié et bien rémunéré qui se paie des cartes de nouvel an imprimées et une chaîne de montre plaqué or. L’asile de nuit pour sans-abri et les contrôles de police sont les piliers de la société actuelle au même titre que le Palais du Chancelier du Reich et la Deutsche Bank. Et le banquet aux harengs et au tord-boyaux empoisonné de l’asile de nuit municipal constitue le soubassement invisible du caviar et du champagne qu’on voit sur la table des millionnaires. Messieurs les Conseillers médicaux peuvent toujours rechercher au microscope le germe mortel dans les intestins des intoxiqués et isoler leurs « cultures pures » : le véritable bacille, celui qui a causé la mort des pensionnaires de l’asile berlinois, c’est l’ordre social capitaliste à l’état pur.


Ceux qui attendent pour rien, Tom Kromer

Je les fixe à travers la vitre. Peut-être qu’ils sauront reconnaître un homme qui a faim. Peut-être que ce type consentira à s’alléger de quelques sous pour un stiff affamé. C’est du poulet qu’ils mangent. Un poulet comme celui qui est dans la devanture. Doré et gras. Ils ne mangent pas. Ils grignotent. Ils grignotent leur poulet et ils n’ont même pas faim. Je crève de faim, moi. Ce poulet a été créé pour un homme qui a faim. Je les observe tandis qu’ils le coupent en tout petits morceaux. Je les regarde porter leurs fourchettes à leur bouche. L’homme me fait face. À deux reprises il regarde par la fenêtre. Mes yeux rencontrent les siens. Je me demande s’il est capable de reconnaître le regard d’un crève-la-faim. Il n’a jamais eu faim lui-même. Je peux voir ça. C’en est un qui n’a jamais fait que grignoter du poulet. Je le vois parler à sa femme. Elle tourne la tête et me regarde à travers la vitre. Je ne la regarde pas. Je regarde le poulet sur l’assiette. Ils peuvent voir que je suis un homme qui a faim. Je vais rester ici jusqu’à ce qu’ils sortent. Quand ils sortiront, ils me glisseront peut-être une pièce de cinquante cents.


Misère d’homme, Pierre Hamp

La Gold Dust Lodge de New York, ancienne savonnerie le long d’East River, est devenue asile de chômeurs que sa fermeture a contribué à augmenter. L’ordre industriel met les hommes à la rue. La Miséricorde les recueille. Gagner beaucoup, donner beaucoup. Être le patron qui réussit et le citoyen philanthrope. La cadence de fabrication fait écarter de l’embauche les quadragénaires, mais chaque entreprise a son budget de secours aux sans-travail. L’industrie n’est pas chrétienne mais la société, oui. Aucune pitié dans l’établissement des prix de revient. La concurrence ne permet pas d’incorporer au métier les faibles ou les ralentis. La répartition des profits comporte de les aider à vivre, pourvu qu’ils ne prétendent pas le faire en travaillant. La Gold Dust Lodge est un exemple de ce rythme entre l’industrie implacable et la société secourable. Le businessman réussisseur a deux fonctions : écraser le concurrent, diminuer la misère. Deux parties bien distinctes du bilan. Dans l’établissement du prix de revient, sévérité à la fraction de centime. Dans l’emploi des bénéfices, libéralité de millions. Les opulentes institutions Carnegie viennent de profits qui retournent à la foule sur laquelle ils ont été implacablement gagnés.


Ouvrier à tout faire, Daniel Martinez

Au moment où débute cette histoire, nous approchons du terme des travaux ; du moins à en croire l’architecte. Le retard se situe au niveau du transport et du montage des cloisons vitrées. Ainsi, il a été fait appel à des intérimaires dont je suis ; main-d’¦uvre supplémentaire et bon marché destinée à rattraper le temps perdu. Notre tâche consistera à ventiler, dans les diverses annexes de l’imposant bâtiment, de grandes glaces, dont la hauteur varie entre un mètre quatre-vingts et deux mètres. Encombrantes et fragiles, elles pèsent entre trente-six et quarante kilos.


Hans le Danois, Régis Phily

Il ne savait plus, à force de glander, de disparaître, de reparaître, fiérot de claironner qu’il avait trouvé du boulot, exclu la bibine et le couche-tard du programme, pour se consacrer uniquement à la plomberie, son métier d’origine... ou à la livraison de colis, à la plonge dans une brasserie, arrosant ça, loupant l’heure de prise de travail, se récupérant, viré et de retour pour une fracassante java. Il ne savait plusŠ à force de tirer des bordées du nord au sud, au gré des routiers et des mecs qui voulaient bien le prendre dans leur caisse. L’emmener loin...


Les gueux de Lardier, Thierry Périssé

Comme tous les matins depuis deux semaines, Gilou s’installe devant le supermarché Penny, pose son écriteau en carton, son pot marron par terre et derrière lui sa bouteille de pinard. Hervé a disparu. En interrogeant les caissières, il apprend que sa mère est morte et qu’un gars est venu le chercher. C’était un jour où Gilou avait quitté le magasin assez tôt, comme il le faisait souvent pour laisser Hervé seul. La manche, à deux, c’est pas bon. Et ça, Gilou le sait. Les gens donnent moins, ils hésitent. Ils n’aiment pas que les mendiants se regroupent.


De Salford à Jéricho, Simon Armitage

Parmi toutes les pièces, il y en a une qui signifie davantage.

Ni souveraine comme la livre,

pas même en or, ni meulée, pas ronde, pas même en bronze ou en cuivre,

mais en espèce d’argent, et avec une tranche à sept côtés,

un pour chaque acte de pardon,

symbole des affamés, démunis, souffrants,

de ceux qui sont à bout, prisonniers, sans abri, assoiffés.

En une sorte de communion de rue

je distribue ces hosties métalliques,

un heptagone pour chaque bras tendue,

pour chaque chapeau retourné,

non pas en mémoire de Notre Seigneur,

ni chair, ni sang,

mais, au nom du pain et de la soupe, ou de la boisson, ou de la drogue,

qu’importe ce qui remplit, ce qui nourrit l’esprit.


Confetti, Bruno K. Öijer

la lumière de décembre

met

de la margarine rance le long

des rues, je

ne suis pas choqué

de voir comment hommes et femmes

sont traités


Aperçu du pays de l’avenir, Harry Martinson

Et il sortit une bouteille de vin que lui avait donnée un noble chez qui il était allé mendier dans la journée. Ils burent le vin. C’était une grosse bouteille. Bolle et Poussière des Chemins ne tardèrent pas à se mettre à rire. Un rire se déclencha en eux. C’était si bon de pouvoir s’affranchir du pays du blâme pendant quelque temps ! Ils riaient tout haut et avec vitalité, cela sonnait juste et faux, livresque et romantique et réaliste, classique et chinois et esquimau, comme s’ils étaient des sauvages et des philosophes, des hyènes et des idiots et des dieux, et enfin comme s’ils étaient eux-mêmes, tandis que la lune montait dans le ciel.


Le tour de France d’une militante, Flora Tristan

J’ai à écrire tout ce que j’ai souffert dans les sept jours que je suis restée dans cette horrible, ignoble et sale ville de Nîmes ! J’ai nommé Paris, la ville aux élans généreux ; Lyon, la ville de l’intelligence et du travail ; Marseille, la ville à l’enthousiasme ; Nîmes, la ville des prêtres. Cela veut dire : ignorance, bassesse, hypocrisie, égoïsme, fanatisme barbare. Cela veut dire : ville à jamais maudite ! ville à rayer de la carte de France. Ville à détruire.



2. Petite histoire des gens de la rue par temps de racaille (1895-2004)


Sur le trimard. Organe de revendication des sans-travail (1895)

« Anarchisme et sans-travaillisme. La pensée politique de Mécislas Golberg (1869-1907) », Wolfgang Asholt, « Nous », « Pourquoi on ne travaille pas », « Les sans-travail anglais et l’Armée du Salut ».

« Qu’entendons-nous par ce mot prolétariat ? L’ensemble des travailleurs soumis à certaines conditions d’exploitation mais tous capables d’un métier qualifié, en d’autres termes en possession d’un métier clair et bien défini. Prendre en main les intérêts de cette classe, c’était représenter réellement la démocratie. Pouvons-nous en dire autant aujourd’hui ? Faut-il mettre hors de la démocratie ce peuple de déguenillés qui encombre les cités industrielles, se répand sur les grandes routes et subit tour à tour l’indifférence méprisante des heureux et l’insulte hautaine des chefs socialistes ? Loin de le penser, nous croyons, et nous sommes en mesure de prouver, que cette armée de sans-travail constitue le gros de la démocratie et que c’est grâce à son action intermittente, mais souverainement efficace, que la richesse engorge nos cités. »


Le commerce de l’emploi, Léon et Maurice Bonneff (1912)

Le chômage profite aux escrocs ! Des chevaliers d’industrie copient aux portes des mairies les offres d’emploi. Puis, de ces offres bien mêlées, ils dressent une liste qu’ils multiplient par la polycopie. La feuille polycopiée est vendue, sous des noms divers, quinze et vingt centimes aux chômeurs. Les emplois indiqués sont généralement occupés lorsque les malheureux viennent offrir leurs services. Cette vente aux sans-travail d’indications périmées est une source d’importants bénéfices.


Le Congrès des vagabonds de Stuttgart, Diethart Kherbs (1929)

À la fin des années vingt, le nombre de chômeurs et de sans-abri s’accrut considérablement en Allemagne. Toujours plus de jeunes partaient sur les routes, dans l’espoir de trouver ailleurs du travail et du pain. En chemin ils rencontraient les chemineaux, les artisans compagnons et les vagabonds qui s’appelaient entre eux « compères ». Les chômeurs citadins, parmi lesquels on trouvait pas mal de gens politisés ou qui s’intéressaient à l’art, commencèrent à se mêler aux trimardeurs.


Journal du comité des chômeurs de Leyde, Marinus Van der Lubbe (1932)

Nous en avons assez de l’attitude résignée et hésitante qui règne chez les chômeurs indemnisés. Il faut en finir ! Mais si nous en avons assez des slogans de manifestations et de meetings, cela ne signifie pas qu’on doive rester les bras croisés. Allez, en avant ! agissons par nous-mêmes. Montrons que nous avons appris quelque chose. C’est de ce constat qu’est né l’idée d’organiser d’une réunion entre chômeurs.


Street Voice. Journal des laissés-pour-compte de Baltimore (1990-2004)

« Des voix venues de rêves brisés. Tranches de vie d’un sans-abri », « Une fêlure dans le miroir », « Les temps sont durs », « Nous, la racaille, les bons à rien, nous voulons retrouver nos bancs », « Journal de Baltimore ». Un homme de la mairie en costard-cravate est passé à la télé. Il a dit que la communauté financière était contente et prospère. Il a dit que la ville était fière de consacrer plusieurs millions de dollars à la construction près du port d’une nouvelle marina où tous ceux qui ont déjà trop pourront garer leurs yachts et leurs limousines. Il a dit que la ville changeait enfin de visage et je me suis dit : de quelle ville est-ce qu’il parle ?


Petite histoire de la gestion charitable et pénale du vagabondage, Héléna Autexier & Stéphène Jourdain


Bibliographie sélective

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